Les centres d'intervention de crise communautaires du Québec appellent à l'aide!



Montréal, le 29 novembre 2021 — Si le financement des centres d'intervention de crise communautaires du Québec n'est pas rehaussé de manière appréciable rapidement, de plus en plus de personnes en détresse pourraient bien n'avoir d'autre choix que de se rendre à l'urgence hospitalière. À l'évidence, ce serait un grand pas en arrière!

Au Québec, vingt-et-un centres d'intervention de crise en santé mentale dispensent des services d'hébergement de crise et d'intervention téléphonique 24 h/24, 7 j/7. Certains offrent aussi un suivi de crise dans la communauté. Ce sont tous des organismes à but non lucratif membres du Regroupement des Services d'Intervention de Crise du Québec (RESICQ). Ce réseau de centres d'intervention de crise a été mis sur pied par le gouvernement provincial au milieu des années 80 pour réduire la pression sur les urgences et proposer à la population une offre de service en santé mentale non médicale et moins « stigmatisante ».


« Les centres d'intervention de crise sont des endroits chaleureux et confortables. Nos intervenants professionnels y accueillent et soutiennent les personnes dans les pires moments de leur vie », mentionne Roxane Thibeault, présidente du RESICQ.


Tous les jours, des professionnels du réseau public de la santé et des services sociaux dirigent avec confiance des personnes vers les centres d'intervention de crise afin de leur permettre de traverser la période de crise ailleurs et autrement qu'à l'hôpital. De même, afin de diminuer l'affluence dans les urgences, les centres d'intervention de crise acceptent les demandes d'aide venant directement des personnes en difficulté ou de leur entourage et celles venant d'établissements scolaires et des services policiers et publics.


Toutefois, les liens de collaboration et la complémentarité des services établis de longue date entre les centres d'intervention de crise et leurs partenaires sont aujourd’hui en péril en raison du sous-financement chronique dont les centres d'intervention de crise font l'objet et qui les place dans une situation extrêmement précaire, voire critique.

Incapables d'offrir un salaire reconnaissant la compétence de leurs intervenants et les compensant pour leurs horaires atypiques, les centres d'intervention de crise assistent à un exode massif de leurs employés vers le réseau public de la santé et n'arrivent plus à pourvoir tous les postes vacants à cause de la pénurie de main-d'œuvre. Actuellement, partout au Québec, des centres d'intervention de crise sont en situation de bris de services et plusieurs devront même réduire de façon importante leur offre de service si rien n'est fait à court terme.


Sachant que la pandémie augmente la détresse dans la population et que les problèmes de santé mentale augmentent, il est difficile de comprendre l'hésitation du gouvernement à consolider le réseau des centres d'intervention de crise communautaires alors qu'il l'a fait par dizaines de millions pour les réseaux de l'itinérance, de la prévention du suicide et de la violence conjugale.


Pourtant, l'offre de service à caractère généraliste des centres d'intervention de crise devrait être reconnue et financée comme un service spécifique, voire une spécialité.


« Pour toutes sortes de raisons, une bonne partie de la population ne souhaite pas recourir au réseau public lorsqu'elle a besoin de services de crise. Leur offrir une autre option est une nécessité », déclare Hugues LaForce, vice-président du RESICQ.


Enfin, tarder à réaliser le rehaussement du financement des centres d'intervention de crise communautaires entravera assurément les efforts déployés par le gouvernement pour améliorer la réponse à la détresse grandissante dans la population qui est vraisemblablement à l'origine de la montée des drames familiaux comme les féminicides au Québec.

Pour savoir quel est le centre d'intervention de crise communautaire le plus près de chez vous, rendez-vous au www.centredecrise.ca ou télécharger l’application CRISE.


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À propos du RESICQ

Le RESICQ, qui rassemble aujourd’hui 21 membres à travers la province, œuvre depuis plus de trois décennies afin que la population ait accès à des services de crise de qualité dans l’ensemble des régions du Québec. Les services 24 h/24, 7 j/7, consistent en des interventions téléphoniques ou en face-à-face et en un service d’hébergement de crise à court terme.

Relations médias :

Cynthia Hamel-Gamache

Responsable des relations publiques

581 888-5121/centresdecrise@gmail.com

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