• RESICQ


VERS UNE STRATÉGIE NATIONALE POUR LES SERVICES EN INTERVENTION

DE CRISE EN SANTÉ MENTALE

Suite à la décision du MSSS d’octroyer une aide d’urgence de 31 millions de dollars pour le rehaussement des services psychosociaux et des services de santé mentale en contexte de COVID-19, le RESICQ souhaite partager l’opinion de ses membres sur la question. Notre regroupement existe depuis dix-sept années. Il rassemble vingt-et-un services communautaires d’intervention de crise en santé mentale dont plusieurs offrent leurs services 24 h/24, 7 j/7 depuis plus de 30 ans.


Nous savons que cette subvention n’apportera qu’une réponse partielle à la détresse grandissante de la population. En ce sens, nous prenons position pour que l’expertise et l’offre de services des centres de crise puissent être mises à contribution et renforcées si l’on aspire à diminuer cette détresse.


« Ça va bien aller » est devenu un crédo populaire : il ponctue nos conversations, se met en signature de nos courriels et arbore les fenêtres des Québécois avec ces arcs-en-ciel multicolores.


Si l’épidémie possède ses masques et ses visières pour prévenir de la contamination, nos seuls arcs-en-ciel ne sont pas suffisants pour contenir la vague d’anxiété généralisée qui s’insinue dans nos vies depuis bientôt dix semaines.


À ce stade, nous savons que les répercussions de la pandémie et ses effets sur la population auront des conséquences durables sur les services en santé mentale. Le fardeau de la santé mentale dure plus longtemps que les périodes de crise aiguë, ce qui limite la capacité des gens à se rétablir, s’adapter et reprendre une vie normale. Le 13 mai 2020, l'ONU appelait les états à investir en santé mentale par la mise en place d’actions concrètes pour traiter les problèmes accentués par la pandémie en fournissant davantage de services aux communautés.

La crise en santé mentale n’est pas une réaction isolée, mais résulte d’un processus d’équilibre qui s’effrite graduellement amenant une personne à perdre sa capacité à se réguler ou à trouver des solutions pour diminuer sa détresse.

Il est alarmant, dans le contexte actuel, que cette logique amène inévitablement vers une surcharge des services de crise. De quoi faire pâlir notre arc-en-ciel…

La réactivité doit faire place à la planification des services en prenant en compte des critères qui devront contribuer à préserver la santé mentale collective.


Heureusement, le Québec est riche d’une expertise unique qui lui a permis d’innover et de réaliser la désinstitutionalisation des services en santé mentale en délaissant progressivement l’hospitalo-centrisme au profit d’une approche plus communautaire.


C’est d’ailleurs la volonté populationnelle et gouvernementale d’offrir à la population des services favorisant une approche non médicale des problèmes de santé mentale qui est à l’origine de la mise sur pied des premiers services communautaires d’intervention de crise au milieu des années ‘80.


Sachant que l’actuelle pandémie aura des conséquences durables sur la santé mentale de la population, le RESICQ prend position pour que cette situation exceptionnelle donne lieu à une véritable analyse de l’offre globale des services en intervention de crise disponibles à travers le Québec. Dans cette optique, nous plaidons pour le développement d’une première stratégie nationale pour les services en intervention de crise en santé mentale qui doit s’insérer dans un plan d’urgence, puis logiquement dans le prochain plan d’action en santé mentale du gouvernement.


Donnons-nous le pouvoir de changer les choses et travaillons à renforcer les communautés face aux bouleversements présents et à venir en offrant des services spécialisés, professionnels et humains qui répondent aux besoins de tous les Québécois.


Ainsi, nous pourrons contextualiser cette phrase : est-ce que « Ça va bien aller »? Non, mais demain ça ira mieux. Après tout, les arcs-en-ciel viennent après la pluie, il suffit d’y insuffler un peu de lumière!


Les membres du RESICQ (La Bouffée d’Air du KRTB, Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, Centre de crise de Québec, Le Passant– Hébergement de crise pour hommes, Entr’Elles–Hébergement de crise pour femmes, Centre d’intervention de crise–Association IRIS, Centre L’Autre Maison, Le Transit–Centre de crise, Centre d’intervention de crise Tracom, Centre de Crise de l’Ouest de l’Ile, Besoin d’Aide 24/7, L’Îlot-Centre de crise et de prévention du suicide de Laval, Les Services de crise de Lanaudière, Centre d’intervention de crise Soleil Levant, Centre d’intervention de crise et de prévention du suicide La Maison sous les arbres, Contact Richelieu-Yamaska centre de crise et de prévention du suicide, Centre de crise et de prévention du suicide Le Tournant, Centre de crise et de prévention du suicide La Traversée, Centre de crise et de prévention du suicide du Haut-Richelieu-Rouville, La Chrysalide-Maison d’hébergement communautaire en santé mentale).

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